Séjour Houmt Souk : Tourisme et voyage à Houmt Souk - Federal Hotel Tunisie

23 octobre 2019 / 23 صفر Safar 1441

Tout Houmt Souk en un clic !

Houmt Souk : Hotels

Djerba Les Dunes
Hôtel 3 étoiles
Playa Sidi Mahrez, Houmt Souk
Dar Dhiafa
Erriadh, Houmt Souk
Dar Atyqua
Erriadh , Houmt Souk
Dar Bahia
Rue Ibn Khaldoun Et De Bizerte, Houmt Souk
Dar Bchira
14, Rue Mohamed Ferjeni,houmet Essouk, Houmt Souk

L'histoire de Houmt Souk

Houmt Souk est la capitale administrative de l'île tunisienne de Djerba. Elle se situe à environ 20 kilomètres d'Ajim (point d'arrivée sur l'île par bac) et 22 kilomètres d'El Kantara (point d'arrivée sur l'île par la chaussée romaine). C'est à la fois le chef-lieu d'une délégation et d'une municipalité de 64 892 habitants. La ville elle-même abrite une population de 44 555 habitants en 2004. Cette ville se serait développée sur l'emplacement d'une ancienne ville romaine appelée Gerba ou Girba qui a eu l'honneur de voir naître deux empereurs romains, Trébonien Galle et son fils Volusien, et de donner son nom à l'ensemble de l'île.

Houmt Souk : Histoire

Cette ville se serait développée sur l'emplacement d'une ancienne cité romaine appelée Gerba ou Girba. Elle a été le témoin d'une multitude de civilisations : numide, punique, romaine, vandale, arabe, espagnole, arabe, turque, etc. Les corsaires et pirates en firent leur nid pendant plusieurs siècles et la fameuse bataille de Djerba a eu lieu dans son extrémité nord, autour de l'actuel Borj El K'bir. Vers 1550, Léon l'Africain cité par Salah-Eddine Tlatli en parle ainsi :

« Tout près du fort, y a un gros village, là où logent les marchans étrangers, comme chrétiens, mores, turcs et s'y fait toutes les semaines un marché que l'on prendrait quasi pour une foire, à cause que tous les habitants de l'île s'y assemblent, joints aussi que plusieurs arabes de terre ferme s'y transportent avec leur bétail, y portans des laines en grande quantité. Mais ceux de l'île vivent de la facture et traficque des draps de laine, lesquels ils portent vendre ensemble le raisin sec dans la cité de Thunes et d'Alexandrie. »

Sous le protectorat français (1881-1956), l'île de Djerba est divisée en douze cheïkhats et Houmt Souk devient le chef-lieu de la cheïkhat de Taourit. C'est dans le Borj El K'bir de Houmt Souk que, le 28 juillet 1881, les troupes françaises s'installent après avoir pris Djerba à la suite de l'imposition du protectorat. Elles y restent jusqu'en 1890, date à laquelle l'administration de l'île passe aux mains de l'autorité civile.

En 1956, lorsque la Tunisie obtient son indépendance, Houmt Souk devient le chef-lieu de l'unique délégation de Djerba qui est plus tard divisée pour donner naissance à deux délégations additionnelles : Midoun et Ajim.

Houmt Souk : Géographie

Houmt Souk est située sur une plaine de la côte nord de l'île dépourvue de cours d'eau. La nappe phréatique y est dans l'ensemble saumâtre : un puits artésien (appelé Bir Erroumi), profond de 767 mètres, a été creusé durant le protectorat français et son eau est ferrugineuse.

La ville se divise en plusieurs quartiers dont les trois principaux sont Taourit et Boumellel et la Hara El K'bira, qui comprennent à leur tour des sous-quartiers comme Fatou, Thouirane, Houmet Eljouamaa ou Binibandou. Les trois principaux quartiers de la ville, Taourit, la Hara et Boumellal, se situent successivement au nord (Taourit et la Hara El K'bira) et au sud de celle-ci, le centre de la ville chevauchant les trois quartiers.

La profondeur des fonds marins est faible au large de Houmt Souk : il faut s'éloigner de neuf kilomètres des côtes pour atteindre la courbe de -5 mètres. L'ampleur des marées y atteint par ailleurs 1,30 m.

Le climat de Houmt Souk est tempéré à tendance semi-aride, bénéficiant d'une brise maritime bienfaisante pendant l'été.

Houmt Souk : Culture

La coexistence d'habitants de souches ethniques (notamment berbères, arabes et noirs africains) et de rites religieux divers (sunnites malékites, kharijites ibadites et juifs en majorité orthodoxes) a certainement contribué à la richesse et à la variété des cultures et traditions de cette localité.

L'île de Djerba est une vraie mosaïque de cultures et de traditions et même l'accent de ses habitants ainsi que l'usage de certains vocables varient d'une localité à une autre, ainsi à Houmt Souk l'accent est-il différent des autres localités et peut d'ailleurs varier sensiblement même d'un quartier à l'autre de la ville.

Musées

Houmt Souk abrite un Musée des arts et traditions populaires qui présente un panorama de l'histoire djerbienne. Installé dans une ancienne zaouïa construite à la fin du XVIIIe siècle en l'honneur des sages Sidi Zitouni et Sidi Ameur, non loin de la mosquée des Étrangers, il permet de découvrir les richesses folkloriques de l'île, ses traditions et son économie à travers des bijoux cloisonnés et incrustés de verre coloré, des lampes en poterie ajourées, des métiers à tisser, des coffres, des costumes traditionnels de divers groupes sociaux et ethniques, des exemplaires du Coran et des coffres à Coran, des ustensiles de cuisine, un atelier de potier, des poteries de diverses tailles, naturelles et émaillées, de grandes jarres,, des stucs ciselés ou encore d'anciens carreaux en céramique.

Costumes

Les habitants de Djerba, en particulier les femmes, portent des costumes traditionnels qui différent d'une localité à l'autre. La femme de Houmt Souk ne porte normalement pas de chapeau traditionnel contrairement à la femme de Guellala ? pour qui le chapeau traditionnel est un accessoire important d'ailleurs réservé à la femme mariée, les jeunes filles n'en portant pas ? ou à la femme de Sedouikech. Pour sortir de chez elle, la femme de Houmt Souk se drapait dans un habit tout blanc, sans broderie, porté au dessus des habits d'intérieur : le houli. Ce même type d'habit, qui fait fonction de voile, a des appellations et des couleurs différentes dans d'autres localités de l'île : bleu marine à petits carreaux à Guellala ou Midoun ou blanc brodé de rouge et de jaune à Mahboubine ou Mellita ; il prend alors le nom de fouta ou hrem. La femme et l'homme juifs de Houmt Souk portent quant à eux des habits traditionnels similaires à ceux des habitants musulmans mais qui peuvent toutefois être distingués grâce à un accessoire particulier. À l'intérieur, la femme de Houmt Souk revêt des houli multicolores, en coton ou en soie naturelle et de plus en plus en fibre synthétique. Sous celui-ci, elle porte une combinaison et un genre de boléro à grandes manches brodées appelé hassara ou khabbaia. En hiver, elle porte une kamizouna (genre de tricot) sous la hassara.

Des habits spécifiques sont portés pour les mariages (r'di, boundi, beskri, fouta zouizat, etc.), ceux-ci pouvant coûter des sommes considérables surtout lorsqu'ils sont réalisés en soie naturelle ou brodés de fil d'argent.

L'habillement de l'homme de Houmt Souk diffère également de celui des djerbiens des autres localités de l'île. Il porte généralement la jebba et le burnous en hiver alors que le kadroun et la k'baia sont plus courants dans les autres localités de l'île. Par ailleurs, l'homme de Houmt Souk avait tendance à se coiffer avec la chéchia de couleur rouge alors que le Djerbien des autres localités portait plutôt une kachta en général blanche, parfois au-dessus de la chéchia.

Traditions

Beaucoup d'habitudes et de traditions de la ville sont différentes de celles des autres localités de l'île: cérémonies de mariage, circoncision, mets préparés pour le Mouled, Achoura où l'on prépare un met appelé maagoud à base de viande et de raisins secs réduits en purée, nouvel an de l'hégire et autres fêtes religieuses, etc. Traditionnellement, durant l'Achoura et le nouvel an de l'hégire, les enfants de Houmt Souk allaient de maison en maison et chantaient des chants typiques (comme khachia, khachiiti, waatini khachiiti...), parfois déguisés en personnages appelés Guerdellif et Aljia, qui jouaient un spectacle de chant et de danse et recevaient en cadeau de l'argent, des fruits secs et des bonbons voire même des légumes secs. Pendant les trois jours qui précèdent aussi bien l'Aïd el-Kebir que l'Aïd el-Fitr, appelés successivement Arfa Kaddhabia, Arfa Essighira et Arfa el-Kebira, et surtout durant l'Arfa el-Kebira, les enfants jouissaient d'une grande liberté : ils recevaient de l'argent de leurs parents et allaient au marché (souvent en bandes joyeuses vêtues de vêtements neufs) s'acheter des jouets et des bonbons typiques faits maison (appelés sredek) avec l'autorisation de passer pratiquement toute la journée à l'extérieur. Pendant l'Aïd el-Kebir, les enfants étaient également autorisés à s'initier à la cuisine et préparaient la segdida (genre de pot-au-feu avec du curcuma). Pendant le nouvel an de l'hégire (Ras el-Am el-Hijri), les familles de Houmt Souk envoient encore de nos jours à leurs filles mariées un grand plat de couscous ou de pâtes garni de morceaux spécifiques de viande séchée (kaddid) du mouton ou du veau tué à l'occasion de l'Aïd el-Kebir, des ?ufs durs, de la viande fraîche, des pois chiches et des fèves. La femme qui reçoit un tel plat offre en retour de l'argent à la personne qui le lui a apporté.

Houmt Souk : Économie

Le tourisme, avec ses avantages et ses inconvénients, a apporté une certaine prospérité à la population locale qui a trouvé là un débouché supplémentaire pour ses produits artisanaux. Bien que la plage la plus proche ne se trouve qu'à dix kilomètres du centre, la ville compte une multitude de restaurants et de boutiques de souvenirs qui attirent quotidiennement une foule variée de touristes venant en majorité d'Europe.

Marché de Houmt Souk

Houmt Souk est le grand centre commercial de Djerba, l'économie locale reposant essentiellement sur le commerce d'où le nom de Houmt Souk signifiant littéralement « localité des marchés ». Cette vocation de Houmt Souk n'est pas récente : Jean Servonnet cité par Salah-Eddine Tlatli en donnait en 1888 la description suivante :

« On y rencontrait des indigènes venus de Raoussa, Bornou, Khordofan. Les habitants de Tombouctou traitaient des affaires avec ceux de Ouargla. Nègres, Touaregs s'y mêlaient. Des caravanes venaient y déverser leur ivoire, leur poudre d'or, leurs ?ufs et leurs plumes d'autruches, leurs peaux de fauves et repartaient chargées de fins tissus, de fruits, de poissons séchés, d'huile, de sel c'était un intermédiaire entre l'Afrique et la Méditerranée. »

Houmt Souk reste réputée pour ses souks achalandés et colorés qui attirent les habitants des localités avoisinantes ainsi que de nombreux touristes. Il existe plusieurs marchés spécialisés : bestiaux, poissons, fruits et légumes, herbes et épices, orfèvres, antiquaires, chaudronniers, etc. À Djerba, chacune des localités les plus importantes a son propre jour de marché comme par exemple le vendredi pour Midoun ou le dimanche pour Guellala alors que Houmt Souk en a deux : le lundi et le jeudi.

Souk des potiers

L'artisanat procure un nombre considérable d'emplois. Si les activités artisanales sont variées dans la ville, celles liées à la laine sont les plus répandues et sont exercées aussi bien par les hommes que par les femmes. Il y a déjà plus de quatre siècles, des renseignements donnés par Cirni, l'un des survivants de la bataille de Djerba de 1560, reproduits par Charles Monchicourt et cité par Salah-Eddine Tlatli indiquaient que « les habitants tissent avec de la laine fine de très beaux baracans (couvertures) en étoffe mince, ornés de soie et plus longs qu'un tapis ordinaire ». Le tissage, qui a fait de Djerba pendant près d'un millénaire et jusqu'au XIXe siècle l'un des principaux centres textiles pour le travail de la laine de tout le nord de l'Afrique, reste (malgré la concurrence des industries textiles) une activité importante à Houmt Souk. Le travail de laine fait ainsi vivre un nombre important de familles et les activités vont du lavage dans l'eau de mer des peaux lainées (venant le plus souvent de l'extérieur de l'île), au blanchissage au soleil, au plâtre et au souffre, puis viennent le cardage, le filage, la teinture puis le tissage sans oublier la commercialisation. C'est une source de revenus importante aussi bien pour la population féminine que masculine,. Le tissage de houlis en coton et en soie naturelle, y compris les biskri brodés de fil d'argent doré et de pure soie (destinés en premier lieu à l'usage local), remonte à plusieurs siècles et continue d'occuper des artisans de plus en plus concurrencés par des ateliers mécanisés (à l'exception du biskri qui reste exclusivement fait main).

La fabrication de tapis, de mergoums et de klims ainsi que la broderie sont traditionnellement des activités féminines qui se sont considérablement développées avec l'essor du tourisme. La bijouterie, jadis pratiquée presqu'exclusivement par les artisans juifs (spécialisés surtout en bijoux cloisonnés incrustés de pierres dures de diverses couleurs) est actuellement pratiquée par de jeunes artisans musulmans. Le travail du cuir, et en particulier la cordonnerie et la fabrication de sacs de voyage en peaux de chameaux, ainsi que la natterie et la vannerie se sont aussi développés avec le nouveau marché offert par le tourisme.

Jarres sur un quai du port

Houmt Souk possède un port essentiellement tourné vers la pêche et l'on y voit de grandes quantités de jarres en terre cuite qui servent à la pêche au poulpe dont les habitants de Houmt Souk sont friands. Cependant, et jusqu'aux années 1960, ce port possédait « une flottille de Mohones (appelées lencha) en bois navigant à l'origine à la voile, ensuite aussi avec l'appoint de moteurs et assurant le trafic des marchandises lourdes (jusqu'à 100 tonnes) et parfois des passagers entre Tunis et surtout Sfax et Djerba ». En 1964, Houmt Souk comptait 297 barques et 746 marins. Le poisson pêché est vendu frais mais certaines espèces comme le poulpe et de tous petits poissons appelés ouzaf sont aussi séchés car ils jouent, sous cette forme, un rôle important dans la gastronomie locale. Une conserverie de poisson a ainsi été construite au port. Outre la pêche, le port est utilisé de nos jours pour les excursions en mer vers la presqu'île de Ras R'mal (refuge pour les oiseaux migrateurs et en particulier pour les flamants roses) ; des dauphins peuvent parfois être observés au large de la ville. Une marina y est en cours de construction.

L'une des particularités de Houmt Souk est la vente du poisson « à la criée » : cette vieille tradition de vente du poisson aux enchères qui existait dans plusieurs endroits de l'île n'a été maintenue qu'à Houmt Souk. Les pêcheurs enfilent le poisson pêché en chapelets (entre cinq et dix poissons par chapelet selon la taille du poisson) à l'aide de fines tiges de régimes de palmier et le livrent au crieur public après avoir convenu d'un prix minimum. Le crieur public (dallels), assis sur une haute chaise, montre le lot (chouk), annonce le prix de base et regarde les acheteurs qui peuvent faire des offres à la hausse par hochement de tête voire un simple regard ou un clin d'?il, l'essentiel étant de ne point baisser la tête et de garder un contact visuel avec le crieur. Il est important de connaître les usages ainsi que les variétés de poissons pour bien acheter.

Les jours de fermeture hebdomadaires de l'administration locale ont lieu le samedi après-midi et le dimanche, les commerçants juifs fermant le vendredi après-midi et le samedi pour la sabbat. La plupart des autres commerçants ferment quant à eux le vendredi et les coiffeurs le mercredi. Ces fermetures différenciées font que le centre-ville reste animé tous les jours de la semaine.